L'autre jour je me demandais quels seraient les trois disques que je prendrais avec moi si je devais me retrouver sur une île déserte (et que le hasard avait été suffisamment accommodant pour me laisser le temps de choisir). Le verdict est tombé au réveil :
Dream Theater — Metropolis Pt. 2: Scenes from a Memory
Cet album est le cinquième du groupe de métal progressif Dream Theater. C'est un album étonnant qui fait évoluer plusieurs thèmes musicaux de manière quasi continue pendant un peu plus d'une heure. L'intrigue — car c'est vraiment d'un pièce musicale qu'il s'agit — est assez complexe mais heureusement l'article de la Wikipedia sur cet album vous aidera à y voir un peu plus clair si besoin.
J'y apprécie l'alternance de lignes mélodiques acoustique et de grosses distortions. Les rythmiques de Mike Portnoy sont endiablées à tel point que la mesure perd toute importance et que la batterie élimine quasiment tout aspect répétitif. John Petrucci alterne magnifiquement sur ses cordes les solos lents remplis d'émotion et ceux où les notes dépassent littéralement la vitesse du son tout en gardant une précision remarquable.
C'est donc une expérience sonore que je vous recommande chaudement, bien éloignée de la vision que beaucoup peuvent avoir du « métal » au sens « brutes épaisses qui beuglent en secouant les cheveux et jouant de la guitare à un doigt ». (Ils confondent en fait avec le punk
;))
Opeth — Damnation
On reste dans le métal progressif mais on change littéralement de style. La musique — plus basique en apparence car bien plus répétitive que Dream Theater — laisse transparaître une émotion très profonde. La voix suave du chanteur est parfaitement accompagnée par des guitare acoustiques subtiles, une basse très présente et travaillée, de longes nappes au clavier, un batteur au style détendu et léger, et surtout la chaleur inimitable des guitare PRS domptées à la perfection par leurs deux maîtres : les notes sont peu nombreuses mais tellement bien choisies et travaillées !
Ce groupe est par ailleurs assez étonnant : leurs autres albums ont certes un esprit commun, mais présentent des styles très différents.
Sugarland — Love on the Inside
Changeons littéralement de style pour passer à de la country subtilement alliée avec une ambiance rock. J'ai découvert il y a pile un an, par un véritable coup de foudre sonore avec la voix de la chanteuse — Jennifer Nettles — en écoutant le clip de « We are the World » sortie spécialement après les événements à Haïti. Sautez directement à la minute 1"44 pour — peut-être — vivre cette même expérience
Pour la petite anecdote, j'ai du fouiller un peu pour réussir à trouver quelle chanteuse se cachait derrière cette voix.
Musicalement on retrouve des sonorités électriques bien claquantes mêlées à de superbes guitares rythmiques acoustiques, et assez régulièrement une mandoline qui vient ajouter une belle richesse harmonique aux chansons. On trouve aussi de longs passages harmonisés à deux voix (ou plus), ce qui est un véritable délice pour les oreilles.
Je n'ai pas eu la chance de voir Sugarland en concert autrement qu'en DVD (Live on the Inside), mais à les voir jouer et chanter, on comprend que ça n'est pas par hasard qu'ils arrivent à transmettre cette bonne humeur dans leur chansons. C'est fabuleux de voir des musiciens prendre autant de plaisir.
Voilà. Les gens qui me connaissent bien seront peut-être étonnés de ne pas trouver d'album de Mark Knopfler dans cette liste… que voulez vous, ça m'a moi même étonné :D
Surtout n'hésitez pas à écouter ces albums sur GrooveShark, Deezer ou à la Fnac 